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Vendu Immense abbaye historique du XVIIIe avec une église romane, dans l'Hérault

Entre Béziers et Montpellier, à 30 minutes de la mer, isolée dans un admirable cadre de collines, cette ancienne abbaye, dont l'origine remonte à Charlemagne, représente le plus vaste ensemble historique du département. Il comprend une grande église romane classée monument historique (M.H.), un palais conventuel classique, chef d'oeuvre de Giral, inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques (I.S.M.H., en cours de classement M.H.), ainsi que plusieurs dépendances (également I.S.M.H.) sur un parc de 3 ha, presqu'entièrement clos de murs, lui aussi classé I.S.M.H. La surface bâtie de l'ensemble représente 5 700 m2.

Vue du palais conventuel
La sereine majesté du lieu et la qualité du décor révèlent un chef-d'oeuvre...

C'est en 805 que Charlemagne fonda ici un prieuré, auquel il donna le terroir et la seigneurie du lieu. Une église fut bâtie, les terres furent défrichées, des paysans s'établirent et le lieu devint une paroisse. Peu de temps après, un seigneur local réduisit les religieux à la misère en s'emparant du domaine. Il fallut attendre la fin du XIe siècle pour que la communauté, sous la règle de Saint Augustin et la direction de Saint Guiraud, commença à se développer et prospérer. Le nombre des chanoines atteint alors 80, chiffre considérable qui en faisait une des plus grandes abbayes de France. Une nouvelle et vaste église fut bâtie et consacrée en 1115. Dans toute la région, le culte de Saint Guiraud fut célébré jusqu'au XVIIe siècle. La puissante famille des vicomtes de Béziers fit de ce lieu la sépulture de ses membres. À partir du XIVe siècle, l'abbaye connut une période de décadence, qui s'acheva au XVIIe siècle par son rattachement à la Congrégation de France.

Façade ouest
Le palais conventuel

Au XVIIIe siècle, si les effectifs de l'abbaye étaient demeurés faibles, ses revenus, en revanche, provenant de la dîme et du fermage de milliers d'hectares, étaient considérables. En 1754, les chanoines génovéfains décidèrent la reconstruction totale de leur maison, sur le modèle des grands palais abbatiaux. Le chantier fut confié au plus célèbre architecte de Montpellier, Jean-Antoine Giral, auteur de la place royale du Peyrou. La construction du somptueux palais conventuel était pratiquement achevée quand la Révolution éclata. En 1791, l'abbaye fut déclarée bien national, les chanoines furent chassés et leurs immenses domaines vendus. Le monastère fut racheté en sous-main par le prince de Conti.

Propriété de l'état de 1947 à 1994, le domaine fut utilisé comme établissement scolaire. Ses nouveaux propriétaires s'attachent à le réhabiliter et, récemment ouvert au public, il a attiré 8 000 visiteurs en 1996.

Le palais conventuel - 4 pavillons et 3 corps en U entourant la cour du cloître - déploie ses 240 m de façades, sur 16 m de hauteur. On ne sait ce qu'il faut le plus admirer, de la noblesse de la composition, de la subtilité des proportions et des variations, ou de la finesse d'exécution en grès doré de Gabian qui, mieux encore que la pierre de Montpellier, rend à la perfection cet «art précieux et tout à la fois dépouillé » qui est la marque de Giral. On admire aussi l'ingéniosité de l'artifice permettant la transformation très simple d'un espace claustral fermé en un espace ouvert conforme à un programme résidentiel de prestige : la suppression du bâtiment oriental, remplacé par deux pavillons carrés en saillie sur les deux ailes nord et sud, symboliquement réunis par un muret, autrefois surmonté d'une grille, opére la mutation du cloître en cour d'honneur, la fonction religieuse de l'édifice restant marquée par les fenêtres en arcades du rez-de-chaussée.

Façade ouest du palais
La façade ouest du palais conventuel, chef d'oeuvre de l'époque classique

Au couchant, la façade opposée, entièrement élevée sur trois étages, s'étend sur 19 travées de fenêtres. Elle est animée de légères saillies, créées par deux pavillons latéraux et un avant-corps central à peine marqué. Ce dernier, par sa décoration - des fenêtres cintrées aux agrafes richement sculptées, une porte travaillée de refends, de remarquables ferronneries, le tout dominé par un muret à balustres garni de pots à feu - atténue la rigueur de la composition pour la mettre en harmonie avec les jardins sous-jacents. Ici, le maître-d'oeuvre a profité de la déclivité du terrain, ouvert sur l'admirable paysage, pour établir une succession de quatre terrasses qui forment un socle et semblent prolonger le bâtiment. Cette impression est renforcée par la présence sur la terrasse supérieure d'un garde-corps en fer forgé qui correspond aux ferronneries placées au centre de la façade, tandis que l'axe est souligné par des escaliers de plus en plus larges, le dernier conduisant a un miroir d'eau...

Suite de la visite de ce domaine...

Prix : 1 143 367 EUR. (Conversion de ce prix dans une autre monnaie...)


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